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Deux mois pour déclarer une créance, trois mois pour revendiquer des marchandises : ces délais commencent à la publication au BODACC. Pourtant, la plupart des entreprises n’apprennent la procédure de leur client qu’après coup, par un impayé, un courrier du mandataire ou un coup de téléphone. Surveiller le BODACC, c’est gagner les premiers jours, qui sont les plus utiles. Voici comment faire, avec les outils gratuits d’abord.
Pourquoi surveiller ses clients
- Le BODACC fait courir les délais. Le jugement d’ouverture fait l’objet d’un avis publié au BODACC (article R. 621-8 (s’ouvre dans un nouvel onglet)), et le délai de déclaration est de deux mois à compter de cette publication (article R. 622-24 (s’ouvre dans un nouvel onglet)). Voir Délai de déclaration de créance.
- Les défaillances sont nombreuses. La Banque de France comptabilisait 68 564 défaillances d’entreprises cumulées sur douze mois fin décembre 2025, puis 70 766 à fin août 2026. Même si vos clients ne sont pas tous concernés, un fournisseur avec un portefeuille de plusieurs dizaines ou centaines de clients doit s’attendre à en voir tomber chaque année.
- Le courrier du mandataire ne suffit pas. Il est adressé aux créanciers « connus » (article R. 622-21) et ne remplace pas la publication, qui fait courir le délai.
- La revendication est urgente. Le délai de trois mois (article L. 624-9 (s’ouvre dans un nouvel onglet)) impose de savoir vite si des marchandises sous réserve de propriété sont encore chez le client. Voir Clause de réserve de propriété.
Ce que le BODACC publie, et ce qu’il ne dit pas
Le BODACC est le bulletin officiel des annonces civiles et commerciales, édité par la DILA (direction de l’information légale et administrative). Il publie les ventes et cessions, les immatriculations, les modifications, les radiations, les dépôts de comptes et les procédures collectives : jugements d’ouverture de sauvegarde, redressement et liquidation judiciaire, plans, conversions, dépôts de l’état des créances, clôtures, etc.
À connaître :
- Chaque procédure concerne une entité juridique identifiée par son SIREN. Une filiale en liquidation ne signifie pas que la maison mère l’est, et inversement. Surveillez chaque SIREN.
- Les procédures amiables ne sont pas publiées. Le mandat ad hoc et la conciliation sont confidentiels (article L. 611-15 (s’ouvre dans un nouvel onglet)). Un client peut être en grande difficulté sans qu’aucune annonce n’existe.
- La publication peut suivre le jugement de quelques jours. Le greffier doit y procéder d’office dans les quinze jours de la date du jugement (article R. 621-8).
- L’absence d’annonce n’est pas un certificat de bonne santé. Les retards de paiement, injonctions, saisies ou la cessation d’activité ne s’y lisent pas.
Les options pour surveiller, de la plus simple à la plus complète
1. La recherche manuelle sur bodacc.fr
Le site bodacc.fr (s’ouvre dans un nouvel onglet) permet de consulter gratuitement les annonces publiées depuis 2008. Vous pouvez chercher par dénomination ou par SIREN. C’est la bonne méthode pour vérifier ponctuellement un client avant d’accorder un crédit important, ou pour retrouver une annonce après une alerte. Elle ne scale pas : pour surveiller 50 clients tous les jours, il faudrait 50 recherches.
2. Les alertes officielles du BODACC
Le site propose de créer gratuitement un compte « Alerte ». Il vous envoie chaque jour, vers 5 h, un e-mail qui vous informe de toute nouvelle publication correspondant aux critères que vous avez définis, et vous pouvez enregistrer vos recherches (source : Justice.fr (s’ouvre dans un nouvel onglet)). Selon un article de 2023, l’inscription peut se faire par e-mail ou FranceConnect et permet de créer jusqu’à 10 alertes ; vérifiez la limite actuelle et les critères disponibles (en particulier le ciblage par SIREN) sur le site.
Avantages : gratuit, officiel, simple. Limites : le nombre d’alertes limité, la construction manuelle de chaque critère, aucune aide sur les délais ni sur la déclaration. Pour un artisan ou une TPE qui a quelques clients importants, c’est souvent suffisant.
3. L’open data pour les équipes techniques
Les données du BODACC sont publiées par la DILA sous Licence Ouverte et diffusées sur data.gouv.fr (s’ouvre dans un nouvel onglet) ; une API est également proposée. Une équipe informatique peut ainsi développer sa propre veille : récupération quotidienne, rapprochement avec le fichier clients par SIREN, alerte interne. C’est gratuit en licences, mais cela demande du développement et de la maintenance (format des données, gestion des corrections et des annonces rectificatives, homonymies).
4. Les services de surveillance payants des fournisseurs d’informations d’entreprise
Les agences d’information commerciale et de notation d’entreprises (Altares, par exemple, publie des bilans annuels des défaillances) proposent généralement des services de surveillance de portefeuille clients, qui ne se limitent pas au BODACC : alertes sur la cotation, les incidents de paiement, les dirigeants, les comptes déposés. Comparez les périmètres et les tarifs avant de choisir.
5. Les outils centrés sur les procédures collectives
C’est le créneau de VigiCréance : une surveillance automatique et quotidienne des SIREN de toute votre liste de clients, focalisée sur les seuls événements qui déclenchent des délais (ouverture de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire).
| Recherche manuelle | Alertes bodacc.fr | Open data maison | Services payants d’information d’entreprise | VigiCréance | |
|---|---|---|---|---|---|
| Coût | Gratuit | Gratuit | Développement | Abonnement | Gratuit pendant la bêta |
| Volume de clients | Quelques-uns | Limité (voir plus haut) | Illimité | Variable | 20, 500 ou 5 000 clients |
| Liste de clients par SIREN | Non | Selon critères | Oui | Oui | Oui |
| Alerte le jour de la parution | Non | Oui (e-mail quotidien) | À construire | Variable | Oui |
| Date limite estimée de déclaration | Non | Non | À construire | Non | Oui (estimation à vérifier) |
| Déclaration pré-remplie et envoi en recommandé | Non | Non | Non | Non | Oui |
Ce que VigiCréance ajoute, honnêtement
VigiCréance ne détecte rien que le BODACC ne publie pas : sa valeur est dans ce qui suit la détection.
- Vous importez votre liste de clients (SIREN), et la surveillance est quotidienne, sans configuration d’alertes une à une.
- L’alerte arrive le jour de la parution pour une sauvegarde, un redressement ou une liquidation judiciaire.
- Une date limite estimée est calculée à partir de la date de publication. Elle ne tient pas compte de votre situation particulière (créancier hors du territoire, sûreté publiée ou contrat publié) : vérifiez toujours l’annonce.
- La déclaration est pré-remplie avec vos factures, les montants et le mandataire tiré de l’annonce ; vous la signez et l’envoyez en recommandé avec avis de réception (l’envoi par VigiCréance, avec suivi et preuves, est en préparation).
- Tarifs : gratuit pendant la bêta ; les tarifs seront annoncés au moins 30 jours avant toute offre payante.
VigiCréance est un outil et un prestataire technique d’envoi : ce n’est ni un avocat ni un mandataire, et la déclaration reste la vôtre. Si vous surveillez deux ou trois clients stratégiques, les alertes gratuites du BODACC peuvent suffire. Dès que votre portefeuille compte plusieurs dizaines de comptes, l’automatisation devient plus fiable qu’une veille manuelle. Voir comment ça marche et les tarifs.
Bien organiser sa surveillance
- Constituez la liste des SIREN de vos clients actifs (et de ceux qui vous doivent encore de l’argent). Pour une société dans un groupe, listez chaque entité.
- Mettez-la à jour à chaque nouveau client et supprimez les comptes soldés.
- Définissez qui reçoit l’alerte et qui peut signer la déclaration, pour ne pas perdre de jours sur un congé.
- Préparez vos pièces : factures, bons de livraison, conditions générales acceptées, contrats. Une déclaration peut se faire en une heure si tout est prêt.
- Complétez par d’autres signaux : retards de paiement croissants, demandes de délais, changements de dirigeant, comptes non déposés.
Information générale à jour au 11 octobre 2026, ne constituant pas un conseil juridique. Les caractéristiques des services tiers (BODACC, services payants) sont données à titre indicatif et doivent être vérifiées auprès de chaque éditeur.
Gagnez du temps
Laissez VigiCréance surveiller vos clients
Soyez alerté le jour même d’une procédure collective, avec la date limite pour déclarer votre créance. Déclaration pré-remplie, signature en ligne, envoi en recommandé avec accusé de réception.
Questions fréquentes
Le BODACC est-il gratuit ?
Oui. La consultation des annonces est gratuite en ligne sur bodacc.fr (archives depuis 2008) et les données sont disponibles en open data. Le site propose aussi la création gratuite d’un compte d’alerte qui envoie un e-mail quotidien lorsque de nouvelles annonces correspondent à vos critères.
Combien d’alertes peut-on créer sur bodacc.fr ?
Selon une source de 2023, un compte permet de créer jusqu’à 10 alertes. Cette limite est à vérifier sur le site. Elle suffit pour quelques clients, mais pas pour surveiller un portefeuille de plusieurs centaines de SIREN.
Le BODACC publie-t-il toutes les difficultés d’un client ?
Non. Il publie notamment les jugements d’ouverture de sauvegarde, de redressement et de liquidation judiciaires. Les procédures amiables (mandat ad hoc, conciliation) sont soumises à une obligation de confidentialité (article L. 611-15) et n’y figurent pas. Les retards de paiement ne s’y voient pas non plus.
Pourquoi surveiller ses clients plutôt qu’attendre le courrier du mandataire ?
Parce que le délai de déclaration court à compter de la publication au BODACC, et que le courrier du mandataire n’est adressé qu’aux créanciers connus, après le jugement. Surveiller permet de connaître la publication le jour même et de ne pas perdre de temps sur un délai de deux mois.
Textes de référence
- BODACC : consultation, alertes et données ouvertes (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Justice.fr : consulter le BODACC (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- data.gouv.fr : jeu de données BODACC (DILA, Licence Ouverte) (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Banque de France : défaillances d’entreprises, août 2026 (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Code de commerce, art. R. 621-8 (publicité du jugement d’ouverture) (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Code de commerce, art. R. 622-24 (délai de déclaration) (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Code de commerce, art. L. 611-15 (confidentialité des procédures amiables) (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Code de commerce, art. L. 624-9 (délai de revendication) (s’ouvre dans un nouvel onglet)
VigiCréance est un outil d’aide : il ne remplace pas un conseil juridique. Ce guide est informatif, à jour à la date indiquée, et ne couvre pas tous les cas particuliers.